CHARGES LIBRES ou GUIDEES - 16/01/2004 - Yvan CAMPBELL

Les pensées lourdes

C’est probablement l’expérience la plus étrange qu’il nous ait été donné de lire depuis des années. Des chercheurs de la Cleveland Clinic Foundation ont démontré que l’on pouvait gagner du muscle et de la force par le seul pouvoir de sa pensée. L’expérience portait sur 24 volontaires qui étaient suivis 5 heures par jour durant 3 mois.

                                                             


Trois groupes de huit personnes avaient été constitués. Le premier devait se concentrer très fort en imaginant que leur petit doigt repoussait un objet très lourd sur le côté. Par le biais d’un électro-encéphalogramme, on enregistrait cette activité mentale tandis qu’avec des électrodes sur le muscle, on veillait à ce que les sujets n’accompagnent pas leurs pensées d’une contraction inconsciente des muscles digitaux, ce qui aurait perturbé évidemment toute interprétation ultérieure.
Le deuxième groupe était soumis au même exercice, à la différence près qu’ils focalisaient leur attention sur le travail du biceps. Quant aux sujets du troisième groupe, ils n’avaient rien à faire ni à penser. Chaque semaine, ces trois groupes étaient soumis à des tests réels de dynamométrie pour mesurer les forces du petit doigt et du biceps. Au bout des trois mois, le groupe “contrôle” n’avait pas progressé.
En revanche, les deux autres groupes avaient très nettement bénéficié de cet entraînement purement mental avec une augmentation de force de 13,5% pour le biceps et même de 30% pour le petit doigt. Il apparaît donc que le seul fait de penser intensément à un mouvement suffit à modifier ses paramètres. “La force ne dépend pas que de la masse musculaire mais aussi de l’intensité du signal cérébral”, explique Guang Yue, instigateur de l’expérience (2).

Ces travaux ouvrent des perspectives étonnantes dans des domaines comme la rééducation, la neurologie ou la gériatrie.
En sport aussi, ils permettent de comprendre certaines stratégies utilisées spontanément par les athlètes ou encore d’expliquer l’influence déterminante de la fatigue mentale sur la force musculaire. Je pense, donc je me muscle. Fallait oser!

Dr C.D

ABONNEMENT SPORT ET VIE
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