CHARGES LIBRES ou GUIDEES - 16/01/2004 - Yvan CAMPBELL

Le froid, mode d’emploi

Si l’on effectuait un sondage sur la question, l’application de glace arriverait probablement en tête des mesures préconisées en cas de blessure sur les terrains de sport.
Actuellement, on l’utilise au moindre pépin musculaire ou articulaire. En marge des grandes rencontres de football, on filme parfois ces joueurs blessés qui suivent le match du banc de touche avec une poche de glace sur la cheville maintenue par un bandage. Très souvent, ils la conserveront pendant des heures, notamment dans le bus qui ramène l’équipe chez elle après
la rencontre.
Au
fil des années, la cryothérapie s’est complètement banalisée. Elle repose d’ailleurs sur des données physiologiques incontestables. Si on refroidit un vaisseau, il se contracte. Cette vasoconstriction diminue donc le saignement et l’on sait que l’essentiel de la gravité d’une blessure est conditionné par l’importance de l’hématome qui empêche la cicatrisation. De même, la phase exsudative est bloquée lorsqu’on pose de la glace. Le gonflement se réduit et, dans certaines conditions, la glace peut même lever des contractures parasites. Depuis très longtemps, on traite l’hypertonie des blessés médullaires par le glaçage afin de diminuer la tension des muscles qui ne sont pas inhibés par le cerveau. Attention seulement à ne pas refroidir la personne avec trop d’enthousiasme. En dessous de quatre degrés, l’effet bénéfique s’inverse et on favorise la formation d’œdèmes contre laquelle on entendait lutter.
A l’Université d’Ulster en Irlande, le docteur Mac Auley a entrepris une étude exhaustive de tout ce qui a été écrit sur le sujet dans la littérature médicale pour tracer les contours d’une bonne application. Voici ses conclusions:

‑ La meilleure façon de procéder est de mettre des glaçons dans une serviette mouillée. La glace fond et l’eau qui passe à travers contribue à limiter le risque de brûlure.

On ne doit pas geler la zone meurtrie. L’idéal consiste à descendre la température de 10 à 15° degrés. La durée d’exposition dépendra évidemment de la corpulence de la personne et de la localisation de la blessure. La cuisse d’un “gros” mettra plus de temps à descendre que la pommette d’un  “maigre”.

– De façon générale, il ne faut pas laisser la glace plus d’une dizaine de minutes sans interruption.

‑ Il faut répéter plusieurs fois cette application dans les heures qui suivent l’accident. Dix minutes environ par tranche de 3/4 d’heure. Cette technique aurait l’avantage de permettre un retour à la normale de la température cutanée tout en refroidissant la partie profonde du muscle.

– Enfin, il faut éviter d’utiliser le froid comme anesthésiant dans le but de reprendre part au jeu le plus vite possible. Le risque d’un gros claquage ou d’une aggravation de l’entorse après un tel traitement se trouve très nettement augmenté.

Dr C.D

                                               

                                                                  Article Paru dans Sport et Vie n° 90  

         

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